Un baiser qui palpite là, comme une petite bête – Gilles Paris

Coucou les paupiettes !

Je viens aujourd’hui vous parler d’un roman que j’ai lu au début du mois de septembre. Un baiser qui palpite là, comme une petite bête est le petit dernier de Gilles Paris. Il a été publié aux éditions Gallimard Jeunesse le 9 septembre 2021. Avant toute chose, merci à l’auteur et à la maison d’édition pour l’envoi de ce livre.

Iris, une lycéenne, se suicide. Cet événement bouleverse ses camarades, Emma et son frère jumeau Tom, Aaron, le nouveau, Chloé et Sarah, les amies d’Emma, Léon, le génie de l’informatique, et d’autres encore qui se rassemblent le temps d’un week-end. En quête d’identité, les adolescents font l’expérience de leurs limites tandis que l’histoire d’Iris se dévoile.

Mon avis concernant Un baiser qui palpite là… fait partie de ceux qu’on aimerait ne pas avoir à publier. Malheureusement, au-delà du fait que je suis passée complètement à côté de l’histoire, je crois qu’une mise en garde est plus que nécessaire.

Croyez-moi, je suis la première déçue. J’adore les romans de Gilles Paris, et je m’attendais vraiment à découvrir ici un roman profond et poétique sur les difficultés de l’adolescence. Destiné à un jeune public (à partir de 15 ans) et à leurs parents, le roman se voudrait guide pour aider les ados à naviguer cette période trouble, où l’enfant devient adulte et découvre les joies du sexe, de la liberté, tout en subissant encore la puberté, le harcèlement, et puis… les études. Alors, ça fait quelques années que l’adolescence est derrière moi, mais j’ai trouvé que Gilles Paris dressait un portrait peu glorieux de la jeunesse française des beaux quartiers, forçant beaucoup trop le trait et les transformant en de jolis clichés ambulants. La jeunesse mise en avant par l’auteur est problématique, dérangeante et dangereuse. Très honnêtement, elle ne représente en rien le quotidien des jeunes de 15 ans (j’en ai quand même quelques uns dans mon entourage), touche du bout du doigt quelques réalités dont il faut parler, effleure une vérité connue de tous mais sans vraiment s’y attaquer. Pour se focaliser sur des jeunes qui font la fête, se droguent, enchaînent les partenaires sexuels. A quinze ans. A cet âge où la plupart rougissent et baissent les yeux en croisant le regard de l’élu de la semaine avant de discuter de banalités avec ses potes. Quel est le but ? Donner des idées ? Faire flipper les parents ? Qui peut se reconnaître dans ces personnages qui couchent, qui fument, qui consomment de la drogue, qui enchaînent les soirées comme si de rien n’était ? Où sont les parents ? L’autorité parentale est-elle à ce point inexistante de nos jours ? Personnellement, j’ai enchaîné les déconvenues.

Pour commencer, merci Gallimard Jeunesse de bien vouloir mettre des avertissements au début des romans, surtout quand ils sont destinés à un jeune public. Viol, abus, harcèlement, violence, drogues… prévenez, en fait. Vous auriez aimé, vous, à quinze ans, lire une scène de viol dès l’ouverture d’un roman sans y avoir été préparé ? Si encore c’était la chose la plus dérangeante… Je crois que, à mes yeux, la normalisation d’une sexualité aussi active et débridée à un âge où on a à peine la majorité sexuelle est d’autant plus problématique.

Je suis profondément attristée par certains choix faits par Gilles Paris. Sa plume, habituellement si poétique, si forte et impactante, m’a laissée de marbre. Pire, elle m’a agacée. A vouloir employer le jargon des djeun’s des rues dans le beau Paris, ça finit par en devenir ridicule. Encore une fois, pour avoir des jeunes de cet âge-là dans mon entourage, pour avoir travaillé avec des ados, pour en avoir été une il n’y a pas si longtemps, ce n’est pas réaliste. Tout est exagéré, rendant l’ensemble peu crédible, alourdissant le récit. Heureusement qu’il y a un lexique à la fin, parce qu’autant il y en a beaucoup que j’ai déjà entendu (mais jamais autant dans un même dialogue), autant il y en a certains, c’était le grand mystère. J’avoue, certains m’ont fait rire, mais je ne suis pas sûre que c’était le but. On arrive à un point où on a l’impression que l’auteur a une liste de mots proposés par une bande de jeunes farceurs et qu’il faut en caser le plus possible dans le roman.

Alors, déjà, à ce stade, j’étais perplexe. Quelques chapitres lus, ça ne prenait absolument pas la direction que j’imaginais, le comportement des personnages était de pire en pire au fil des pages… Que se passait-t-il ? Que s’était-il passé ? Vraiment, c’était la dernière chose à laquelle je m’attendais venant de cet auteur que j’adore. J’espérais un éveil des consciences, un sursaut collectif, que les jeunes réfléchissent vraiment à ce qui est arrivé à cette pauvre Iris, à ce qu’ils l’ont tous poussée à faire. Mais non. Iris sera une tchoin, une fille facile, une salope jusqu’au bout. Ou presque. Les jeunes se secouent les puces sur la toute fin, dans une tentative absolument pas crédible de se faire pardonner leurs fautes en faisant capturer le « véritable » fautif. Pour venger Iris, pour rejeter la faute sur cet homme, comme s’il était le seul coupable. Il n’y a aucune réelle remise en question dans ce roman. Nous suivons des jeunes qui n’en font qu’à leur tête, qui ont des préoccupations qui ne sont pas de leur âge et aucun encadrement. La mort d’Iris devient une anecdote. On se découvre à 15 ans, on n’est pas déjà alcoolique à tirer des coups avec un dealer de coke dans un appartement offert par son oncle.

Je vais m’arrêter là, je pense que dans l’ensemble j’ai expliqué pourquoi ce roman méritait une mise en garde (voire plusieurs) avant de se retrouver entre les mains de vos ados. Ou même entre les vôtres. Si vous cherchez un roman crédible sur les émois adolescents, le harcèlement, la vie d’un ado, n’hésitez pas aller fouiller dans mes chroniques sur les romans de la collection Exprim’ (Sarbacane), vous y trouverez plus facilement votre bonheur.

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête est un roman qui m’a choqué. Qui m’a scandalisé. Tout est poussé à l’extrême, décrédibilisant complètement les quelques éléments intéressants de l’histoire (la notion de mal-être, notamment, et l’impact des réseaux sociaux sur le quotidien d’un ado). C’est dommage, tellement dommage. Un roman que, malheureusement, je ne recommande pas. Si vous l’avez lu, je serais curieuse de connaître votre avis, votre ressenti !

La bisette !

Publié par

Ibidouu

Petite chose à la recherche d'un avenir.

4 réflexions au sujet de “Un baiser qui palpite là, comme une petite bête – Gilles Paris”

  1. Wow, je suis choquée de ce que je lis la. Je suis entièremen d’accord avec toi, j’ai justement plusieurs cousins de cet âge là, et aucun des ne parle comme un OVNI ni ne passe ses soirées a faire des conneries, alors que l’un d’entre eux manque clairement de controle parental. Vraiment, vraiment dommage. Et le fait qu’il y ait aucun Trigger Warning, alors ca, ca ne va pas du tout !

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  2. Coucou,
    Le résumé avait l’air prometteur, je n’ai pas envie que mes ados lisent des scènes de viols, ou de banalisation de l’alcool ou la drogue chez les 15ans. Je passerai mon tour.
    Merci pour ton avis bien argumenté.
    Bisettes

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  3. « Pour se focaliser sur des jeunes qui font la fête, se droguent, enchaînent les partenaires sexuels. A quinze ans. A cet âge où la plupart rougissent et baissent les yeux en croisant le regard de l’élu de la semaine avant de discuter de banalités avec ses potes. Quel est le but ? Donner des idées ? Faire flipper les parents ? Qui peut se reconnaître dans ces personnages qui couchent, qui fument, qui consomment de la drogue, qui enchaînent les soirées comme si de rien n’était ? Où sont les parents ? L’autorité parentale est-elle à ce point inexistante de nos jours ? »
    Je passerai à côté de celui-là. Il y a déjà trop d’apriori sur les jeunes et ce genre de roman desserre le plus grand nombre. Tous les lycéens ne fument, tous ne boivent pas, tous ne sont pas des délurés qui ne font rien de leur vie.
    A la fac, les même préjugés continuent, les profs nous jugent des incapables drogués du matin au soir sans nous connaître vraiment. a croire qu’ils n’ont jamais été adolescents ou même jeune. La jeunesse c’est l’insouciance, mais c’est aussi la recherche de repère. Tu m’as inspiré…

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