L’exposition Barbie aux Arts Décoratifs.

Coucou !

Mon dernier séjour à Paris a coïncidé avec l’ouverture de l’exposition consacrée à Barbie aux Arts Décoratifs, et je n’ai pas pu résister, j’y suis allée (en courant, si vous voulez tout savoir).

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Je pense que je ne m’avance pas trop en disant qu’on a tous connu Barbie dans notre feu jeunesse. Barbie, c’est un monument. Barbie, c’est aussi un modèle controversé pour beaucoup de petites filles et un reflet des évolutions de la société depuis sa création, en 1959.

Les Arts Décoratifs proposent aujourd’hui la toute première exposition consacrée à la plus célèbre poupée du monde en France. Et ça vaut le détour. Ce musée est le lieu idéal pour présenter ce jouet qui a profondément marqué le XXème siècle, sachant qu’il rentre également dans les thématiques de la mode et de la publicité. Combo gagnant.

C’est une exposition très intéressante qui peut se lire de deux façons. En tant qu’adulte (ouais, maintenant je me considère comme une adulte, j’ai grandi les gars), j’ai à la fois ressenti de l’excitation face au jouet qui avait marqué mon enfance et un grand intérêt pour tout ce qu’il sous-entend et dont on ne se doute absolument pas quand on est jeune et insouciant..

Mon premier point de vue sur l’exposition est donc un point de vue enfantin. C’est magique, y a des Barbie partout, toutes les différentes Barbie de la planète, j’ai trop de chance, les copines vont être trop jalouses quand je vais leur dire ça à l’école lundi.. ! Retrouver le petit Tommy était l’apothéose de ma visite. Ou était-ce la Barbie Princesse et sa robe pailletée ? Je ne sais plus. L’enfant qui sommeille en nous est émerveillé et court presque de Barbie en Barbie en poussant des petits cris d’excitation. « Hii elle est trop jolie », « Je l’avais celle là, viens voir, viens voir ».. De vrais gamins quoi.

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J’avais précisément CE Tommy. TOMMYYYYYYYYYYYYY !

La première vague d’excitation passée, on pose enfin son regard d’adulte, d’historienne de l’art (ouais ok, d’étudiante en histoire de l’art) et, enfin, de femme sur l’objet qui s’offre à nous sous (presque) toutes les formes et (presque) toutes les couleurs. On analyse le phénomène de société qu’est devenu Barbie.

Elle est le reflet d’une culture et de son évolution, comme je le disais en introduction de cet article. Elle illustre les changements politiques, sociaux et culturels qui ont marqué la deuxième moitié du XXème siècle et devient alors un témoignage historique. Elle questionne les stéréotypes et la place de la femme dans la société. Une partie de l’exposition est consacrée aux métiers de Barbie. Toutes ces petites Barbie enfermées sous cloche et promettant des merveilles aux jeunes filles du monde entier. Oui, un jour, tu pourras être astronaute (en 1965, quatre ans avant Neil Armstrong !). Tu pourras aussi être Miss America si tu préfères, ou présidente des États-Unis. Tu as toutes les clés en main. Barbie a embrassé plus de 150 métiers, des plus classiques aux plus avant-gardistes, et ils sont tous représentés dans l’exposition. Si Barbie renvoie souvent l’image d’une femme active et indépendante, il faut quand même nuancer tout ça. Les premières poupées vendues ne souriaient pas et ne regardaient pas devant elle, montrant qu’elles étaient ainsi toujours soumises au jugement des hommes. C’est quelque chose que l’on retrouve également dans la photographie de mode jusqu’à la fin des années 50.

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© Mattel

Si Barbie était pleine de belles promesses, elle véhiculait aussi une image dangereuse de la femme. En effet, si Barbie était humaine, elle serait en danger de mort. Son IMC est dangereusement bas et ses courbes un tantinet exagérées. Si Barbie a été inventée par une femme, elle a également été remodelée par le regard d’un homme. Elle propose aujourd’hui un nouvel idéal féminin pas très glorieux. Un nombre grandissant de femmes ont recours à la chirurgie esthétique, aux régimes et aux séances de sport extrêmes pour tenter de ressembler à la célèbre poupée.

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Mattel semble avoir pris conscience des dangers de cette image et une petite portion de l’exposition présente des Barbie aux formes beaucoup plus proches de celles d’une vraie femme. Il a en effet été annoncé début 2016 que Barbie serait désormais déclinée en quatre morphologies et en sept couleurs différentes. Beau progrès.

Nous découvrons Barbie sous tous ses angles. L’histoire de la poupée, de la poupée de mode, sa construction, son maquillage (fait main !), son influence sur de nombreux artistes, les publicités qui lui ont été consacrées, symboles d’une nouvelle société de consommation.. Ça fait beaucoup pour une petite femme de 29 cm !

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© Vogue Paris, décembre 2014. 

La fin de l’exposition est plutôt consacrée à Barbie en tant qu’icône de mode et source d’inspiration. Barbie reflète en effet les grandes évolutions de la mode au XXe siècle, elle était un mannequin très prisé par les couturiers.. Elle a également pris les traits de plusieurs mannequins dont Twiggy, mais aussi de beaucoup de personnalités issues de la culture populaire au fil des générations, de Grease à Mad Men. Ces dernières années, elle a surtout inspiré plusieurs artistes, qui questionnent l’objectivation de la femme dans des photographies plus que troublantes..

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© Mattel

Je vais essayer de ne pas en dire plus, même si c’est difficile. Le sujet est passionnant ! L’exposition est très bien construite, très ludique et interactive, ponctuée de plusieurs vidéos documentaires. Je vous recommande chaudement de vous y rendre. L’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans ressortissants de l’Union Européenne. Sinon c’est pas bien cher, et ça vaut le coup. Un catalogue d’exposition (25 euros), très bien conçu, a également été mis en vente.

L’exposition se tient au musée jusqu’au 18 septembre 2016 ! Cours, vole, vas-y !

Articles bonus :

Dix choses que vous ignorez sur Barbie : ***

Rondes, petites ou grandes, que mille poupées Barbie s’épanouissent : ***

Barbie, Les Arts Décoratifs : ***

Plein de bisous ! 

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A bientôt.

L’exposition Bettina Rheims, Maison européenne de la photographie.

Coucou les dindons !

Lors de mon dernier séjour à Paris je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire grand chose à part le petit rat de bibliothèque. J’ai cependant bougé mon popotin pour faire une expo le samedi, et après mûre réflexion j’ai opté pour l’exposition consacrée à la photographe Bettina Rheims, à la Maison européenne de la photographie (entre Hôtel de Ville et Bastille pour les arrêts de métro, l’arrêt St Paul sur la ligne 1 si vous voulez vraiment tout savoir).

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© Bettina Rheims

L’exposition regroupe environ 180 photographies sur trois étages, sous la forme de séries. Chaque série représente une nouvelle facette du travail de la photographe, où la femme est omniprésente. Elle revisite les codes de la féminité, elle questionne notre perception de la beauté, la notion d’identité. Si certaines séries paraissent provocantes (et elles le sont, on ressent parfois l’influence d’un certain Helmut Newton – mis à part le fait que chez Bettina Rheims, les femmes ne sont pas des objets), on constate sur chaque mur, sur chaque cimaise une grande recherche, que ce soit pour des travaux personnels ou des publicités. Elle a en effet travaillé pour plusieurs magazines de mode internationaux et des marques comme Chanel ou Lancôme.

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© Bettina Rheims

L’exposition est surtout consacrée aux portraits qu’elle a pu réaliser tout au long de sa carrière. Ceux de célébrités (actrices majoritairement, vous pourrez y voir Kristin Scott Thomas, Tilda Swinton, Charlotte Rampling.. ou encore Kate Moss, Naomi Campbell, Gwen Stefani) mais aussi des portraits de détenues françaises par exemple. Cette série est une des dernières qu’elle a réalisé (en 2014 si je me souviens bien) et elle ne laisse pas de marbre. Tout comme la série réalisée autour de la question du genre (Gender Studies). Les photographies sont poignantes, chargées d’émotion, d’histoire, de vécu. Les regards de ses modèles racontent quelque chose de très fort.

La scénographie, très réussie, parvient à dégager les grandes idées de Bettina Rheims sur près de quarante ans. Les différentes séries s’articulent de façon magistrale, il est difficile de détourner le regard. Peu de mots me viennent suite à cette exposition. Je suis sortie de là un peu « sous le choc », troublée, sans mots à part « c’était trop bien ».

Si vous en avez l’occasion, courrez-y ! 

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L’exposition se tient à la Maison européenne de la photographie jusqu’au 27 mars 2016. Ne tardez pas si vous voulez voir le magnifique travail de cette photographe !

Bettina parle de l’exposition sur Arte : ***

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A bientôt !

Des bisous.

Challenge photo #Flow.

Coucou les paupiettes !

Je vous avais parlé au début de l’année de mon envie de me lancer quelques challenges cette année, pas trop prise de tête. Suite à une proposition d’une personne de mon entourage, j’ai décidé de me lancer dans un challenge photo sur Instagram. Le challenge est proposé à la base par la revue Flow, que j’ai eu l’occasion de feuilleter à quelques reprises (très très chouette revue par ailleurs).

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Le challenge rend hommage aux petites choses de la vie quotidienne, je trouve l’idée très sympathique et pas trop compliquée. Donc je me lance ! Pour ceux et celles qui n’ont pas Instagram, j’ai décidé de partager mes photos dans cet article. Je mettrais l’article à jour régulièrement, jusqu’à la fin du mois. Ce challenge promet de jolies photos (pas forcément les miennes hein, mais grâce au hashtag #Flow29jours on peut voir les photos de ceux qui ont décidé de se lancer dans le challenge aussi). Peut-être que certains d’entre vous seront intéressés et voudront partager cette petite pause photographique avec moi !

1 – Ciel 

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2 – tea time

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3 – souvenir d’enfance

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Franchement, c’est cadeau. Vous avez le privilège de rencontrer le Grand Jojo, le plus sage des doudous, celui qui sait tout. Il a du vécu le monsieur x)

4 – petit détail

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Plein de bisous !

A bientôt.

Les 10…Expositions 2016 qui me font de l’oeil.

Bonjour mes petits choux !

Je viens vers vous aujourd’hui avec un article un peu « spécial », il s »agit de ma sélection d’expositions parisiennes de l’année( et une bretonne!), celles qui me font le plus de l’oeil, celles que j’aimerais avoir le plaisir de vous faire découvrir si je suis dans la capitale (ou chez mes parents).

Picasso Mania.

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Au Grand Palais jusqu’au 29 février 2016.

J’espère réussir à la voir à la fin du mois, je croise les doigts !

L’art contemporain chinois / Bentu, des artistes chinois dans la turbulence des mutations.

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© Hu Xiangqian, The Woman in front of the camera, 2015.

A la Fondation Louis Vuitton, du 27 janvier à avril 2016.

Je ne sais plus si je vous ai commenté des expositions de la Fondation l’an dernier.. C’était le sujet de mon mémoire donc il est possible que je n’en ai pas parlé ici. En tout cas la qualité de leurs expos est indéniable et j’ai très hâte de découvrir celle-ci. Sachant que je m’intéresse beaucoup à l’art contemporain asiatique, elle est sur ma liste « prioritaire ».

Le Douanier Rousseau. L’innocence archaïque.

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© Henri Rousseau, La charmeuse de serpents, 1907. RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay).

Au Musée d’Orsay, du 22 mars au 17 juillet 2016.

Le Douanier Rousseau est un artiste que je connais assez mal et que j’aimerais découvrir, mieux connaître. Cette exposition est l’occasion rêvée !

Dans l’atelier, l’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons.

Dans l'atelier - L'artiste photographié, d'Ingres à Jeff Koons

© Paris, Société française de Photographie.

Au Petit Palais, du 5 avril au 17 juillet 2016.

Cette exposition un peu particulière promet d’être particulièrement intéressante. J’adore voir des photos ou des tableaux des artistes dans leur environnement de travail, donc toute une exposition sur le sujet, ça promet d’être jouissif.

Paul Klee, l’ironie à l’oeuvre. 

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Au Centre Pompidou, du 6 avril au 1er août 2016.

Parce que je suis curieuse.

Beat Generation.

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Portrait of William S Burroughs in front of the Théâtre Odeon, 1959.

© Brion.

Au Centre Pompidou, du 22 juin au 3 octobre 2016.

La Beat Generation est un mouvement qui m’a toujours intéressé mais je n’ai jamais trouvé le courage de me lancer dans des « recherches » sur le sujet. Cette exposition sera l’occasion, ENFIN, de les comprendre un peu mieux.

Chagall, de la poésie à la peinture.

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Projet pour le rideau de scène de l’Oiseau de feu, 1945.

© ADAGP / Paris 2015, collection particulière.

Au Fonds Hélène et Édouard Leclerc, été 2016.

La seule exposition en Province citée dans cet article. C’est regrettable mais mes petits moyens personnels ne me permettent pas de voyager dans toute la France. Donc je me suis contentée des expositions que je pourrais éventuellement visiter. En tout cas je vous conseille vraiment d’aller un jour au Fonds Leclerc, les expositions sont d’une grande qualité.. Et souvent les artistes sont exceptionnels.

René Magritte, la trahison des images.

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Au Centre Pompidou, du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017.

Parce que c’est Magritte, tout simplement.

Bernard Buffet.

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Les oiseaux, le rapace, 1959. © ADAGP, Paris © Eric Emo / Parisienne de photographie.

Au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, du 1er octobre au 28 février 2017.

Encore un artiste dont j’aimerais connaitre l’oeuvre un peu mieux..

Vieux monde, New Look, la France d’Avedon.

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A la BNF, site Mitterrand, du 18 octobre 2016 au 26 février 2017.

Dans le cadre de mon mémoire de cette année, j’ai l’occasion de travailler sur ce photographe au travail impressionnant. J’espère avoir l’occasion de pouvoir voir ses oeuvres autrement que sur papier glacé !

Mais aussi : L’art et l’enfant (Musée Marmottan, du 10 mars au 3 juillet), Barbie (Arts décoratifs, du 10 mars au 18 septembre), Gus Van Sant (Cinémathèque française, du 13 avril au 31 juillet), The Velvet Underground (Philharmonie de Paris, du 30 mars au 21 août)…

Et vous, quelles sont les expositions que vous souhaitez voir en 2016 ?

A dimanche pour le Point Culture !

Des bisous.

Gribouillage ?

Hello mes petits filets mignons !

Aujourd’hui je viens vous parler art contemporain. Et oui, il faut bien des fois. Durant ma (relativement) courte expérience en médiation culturelle dans une institution dont je tairais le nom, j’ai entendu (et vu) à de multiples reprises l’incompréhension des visiteurs face à des toiles que nous qualifierons d’abstraites.

« Mon fils de cinq ans pourrait faire la même chose »

Ouais je sais. Révoltant.

Si tu as déjà pensé ça, même si t’as pas de fils (il est pas si important que ça, t’inquiètes), cet article est pour toi ! Plutôt que de te poursuivre en te frappant avec une règle en plastique, je vais t’expliquer pourquoi un enfant n’aurait jamais pu réaliser une oeuvre de cet acabit (hihi, mot rigolo).

Avant de rentrer plus dans les détails, sache que les artistes (je vais limiter mes exemples pour pas que tu te perdes en route) dont je vais te parler auraient probablement été flattés de la comparaison avec une oeuvre d’un enfant de cinq ans. Tu sais pourquoi ? Parce qu’avant de s’attaquer à l’art abstrait (ou art compliqué, ils ne font pas tous dans l’abstrait), ils ont presque tous reçu une formation artistique (pas forcément académique). Et pour ceux d’entre eux qui seraient autodidactes, avant d’inventer leur propre style, leur propre démarche artistique, ils se sont inspirés des peintres modernes ou de leurs contemporains. A tâtons ils se sont peu à peu détachés du figuratif pour se lancer dans l’abstrait. Mais abstrait ne veut pas dire juvénile !

J’ai envie de commencer par vous parler de Kandinsky. Ce dernier cherchait à s’affranchir du figuratif pour tenter de découvrir un langage pur à travers la peinture. Son rapport à la musique et à son caractère expressif était très important et l’a beaucoup influencé (d’ailleurs beaucoup de ses oeuvres sont intitulées Improvisations et Compositions). Là où certains voient une peinture d’enfant, d’autres y voient la représentation du mouvement (sans représenter un objet en mouvement pour autant). Il y a ainsi plusieurs facteurs, notamment intellectuels, philosophiques ou spirituels, qui entrent en compte et qui permettent d’affirmer qu’un enfant n’aurait pas (du tout) la même démarche de Kandinsky au tout début du XXe siècle.

Impression, Wassili Kandinsky.

Ton fils imaginaire a vachement de talent quand même. Même brouillon, le trait est super précis. Tu sens qu’il n’y a aucun hasard dans cette composition (enfin j’espère). 

L’art abstrait n’est pas abstrait (ça c’est de l’argument !). Par le biais de l’abstraction, de la non-figuration, de symboles, les artistes nous montre une nouvelle vision du monde et fondent un nouveau langage pictural. Ils reconstruisent les choses à leur façon.

Miro fait également partie des artistes régulièrement « accusé » de produire des choses enfantines par les visiteurs. Ok, je peux comprendre que les formes simplifiées à leur maximum puissent faire penser à un dessin d’enfant. Mais il s’agit d’une démarche volontaire de la part de l’artiste. De plus, en simplifiant les formes ainsi il se crée un répertoire important de symboles que l’on va retrouver dans plusieurs toiles (représentation de la femme par exemple). Il crée son propre langage artistique, avec une façon de dessiner qui lui est propre et qui ne pourrait pas être produite par n’importe quel bambin.

Joan Miro, Personnage, Chien, Oiseau, 1946.

Jean Dubuffet a lui aussi réalisé un grand nombre d’oeuvres que l’on pourrait comparer à des dessins d’enfants, notamment au début de sa carrière. Après s’être imprégné de plusieurs mouvements différents, il a décidé d’oublier tout ce qu’il avait appris et de créer sa propre peinture. Il réalise notamment une série de croquis de ses amis qui ressemblent presque à des caricatures, ses carnets de voyages au Sahara sont remplis de dessins qui auraient pu être réalisés par un enfant de cinq ans. Ou pas. Car là où l’enfant dessine comme ça tout simplement parce qu’il ne sait pas dessiner (haha), Dubuffet a choisi d’oublier volontairement tout ce qu’il savait faire pour se tourner vers la simplicité et rejeter l’art académique. L’art enfantin exprime mieux les sentiments, les émotions. Les oeuvres de Dubuffet étaient considérées comme scandaleuses à l’époque.

Jean Dubuffet, Portrait d’Henri Calet. So scandalous.

« Il n’y a pas d’accident » 

Jackson Pollock

Ton fils imaginaire est peut-être un génie du feutre, mais penses-tu que chacun de ses gestes soient prémédités ? Non, il a regardé dehors, il s’est dit tiens, je vais dessiner une maison et un papa et une maman, ça va être cool, j’utiliserais peut-être un feutre vert pour faire les cheveux, un mauve pour les yeux et un bleu pour la bouche.

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Penses-tu toujours qu’un enfant est capable de réaliser les chef d’oeuvres que tu as pu observer plus haut ? Vraiment ? 

Un dessin d’enfant est spontané. Un vieux mec asocial de 40 ans, à partir du moment où il décide de dessiner comme un enfant, ce n’est plus du tout spontané. Il y a un minimum de recherche (même si ça va dans le sens de la simplification).

En fait, je suis juste en train de tout embrouiller dans ta tête. HAHAHA.

Je peux tout à fait concevoir la difficulté d’appréhender une oeuvre d’art contemporain. Je me suis ici limitée à trois exemples « faciles », m’attachant vraiment au thème du dessin d’enfant. Au-delà de la peinture, la multiplicité des médiums artistiques complique aujourd’hui encore un peu la chose. La vidéo, la photo, la performance, le glitch art, le street art, le geek art… De plus en plus de nouveaux langages font leur apparition. Ton fils imaginaire de cinq ans n’a peut-être pas encore commencé la sculpture (y a-t-il vraiment des enfants de cinq ans qui font de la sculpture ?), mais même devant une sculpture qui ne ressemble pas à une déesse à poil, les gens persistent dans l’idée que leur bambin peut faire la même chose.

« Mais si je te jure. REGARDE bordel. »

Avant de crier au scandale et à l’incompréhension comme ton arrière grand-père, laisse ton fils imaginaire avec la baby-sitter, va au musée et promène toi un peu. Lis les cartels, imprègne toi du tableau autrement que via ton appareil photo, questionne l’oeuvre, questionne toi par rapport à l’oeuvre. Pose des questions au mec assis sur la chaise et qui a l’air de s’ennuyer à mourir (il s’ennuie à mourir). Si tu as peur du monsieur, fais des recherches en rentrant. Mais s’il te plait, intéresse toi à la démarche de l’artiste, demande toi pourquoi il a fait ça, ce qu’il a voulu représenter.

Si j’étais du genre à donner des devoirs, je te dirai « Là maintenant tout de suite, penses à un artiste. Google le. Observe. Lis. Et tu verras, tu comprendras mieux. Tu te coucheras moins bête ce soir, tu feras des rêves bizarres et de nouvelles portes s’ouvriront devant toi. Tu auras soif d’art contemporain. Si si, je te jure ! ».

Si tu veux, la prochaine fois je te parlerais scandales dans l’art contemporain (ça ne manque pas). Ça te dit ?

En attendant, je te fais des bisous, en espérant que cet article t’auras plu !

Ps : Lecture complémentaire.

Un dimanche au Thabor.

Coucou petits raviolis !

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En ce dimanche, pas de point culture (il viendra probablement demain ou mardi, pas de panique) parce que je suis allée me promener au Jardin du Thabor (Rennes). En ce moment, et ce jusqu’au 11 septembre, vous pouvez voir face à l’Orangerie une quinzaine de sculptures de cochons peintes par des artistes de la région.

Petite explication. Il s’agit de la Pig Parade, un événement organisé par des éleveurs de porcs bretons afin de changer le regard que nous portons à leur profession. Ils ont choisi de « mettre du lard dans l’art ».

Pig Parade

The Pig Art Street – Francis L’Huillier (Erquy, 22)

Quinze éleveurs sont ainsi devenus quinze mécènes, et ont embarqué quinze artistes pour sublimer des sculptures de cochons qui ont fait le tour de la Bretagne en six escales. La dernière est Rennes, et une vente aux enchères sera organisée la semaine prochaine. Une partie des bénéfices sera reversée aux Restos du coeur.

Pig Parade

Jean III roi des cochons – Roman Krajewski (Rennes, 35)

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178 Carats – Camille & Gregory, PADE DESIGN (Rennes, 35)

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Pigopop – Charlotte Carsin & Philippe Sidot (Saint-Sulpice la Forêt, 35)

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Jour de fête – Thierry Le Baler (Perros-Guirec, 22)

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Pig Up – Urban Metz (Perros-Guirec, 22)

Pig Parade

The painted pig – Joëlle Troussier (Guignen, 35)

Toute cette opération me rappelle celle qui avait été organisée dans Londres en 2010, dans le but de contribuer à la préservation des éléphants d’Asie : la « Elephant Parade ». De nombreux artistes avaient participé, certains peu connus mais aussi des célébrités comme Tommy Hilfiger, Hasbro, Diane von Furstenberg, etc. J’ai eu l’occasion d’en voir quelques unes lors d’un voyage scolaire la même année.

(KDO, ne me remerciez pas – moua en 2010, trop de sexytude)

Bref, si vous passez sur Rennes, si vous êtes rennais(e), n’hésitez pas à aller voir ces jolies sculptures. Elles y sont jusqu’à vendredi ! Même après, n’hésitez pas à vous rendre au Jardin du Thabor, très joli parc !

A demain les copains !

Bisous sur la fesse droite.

Kiosque

Les 10… Expositions contemporaines de l’Été.

Adepte des vacances placées sous le signe de la culture ? Je te propose aujourd’hui ma petite sélection d’expositions qui valent le détour cet été.  Continuer la lecture de Les 10… Expositions contemporaines de l’Été.