Le royaume du fleuve – Sylvain Forge

Coucou les paupiettes !

Après une nouvelle absence prolongée, me revoici, comme un cheveu sur la soupe, pour vous parler de ma dernière lecture. Il s’agit du petit dernier de Sylvain Forge, Le royaume du fleuve, publié aux éditions Michel Lafon le 8 avril 2021. Plutôt réputé pour ses romans policiers, il a décidé de s’essayer à la fantasy jeunesse/young adult et je vais de ce pas vous dire ce que j’en ai pensé ! Avant toute chose, je tiens à remercier la maison d’édition pour l’envoi de ce livre.

Dans la cité de Nantos, où machines à vapeur et dirigeables côtoient magie et superstitions, les adultes sont atteints par un mal mystérieux qui les rend progressivement aveugles : la Dame brume.

Le roi de Nantos a été assassiné. Pire encore, tout accuse le capitaine de la garde et son fils, Ludérik. Séparé de son père dans la fuite, le jeune garçon est prêt à tout pour prouver leur innocence, quitte à plonger au cœur d’un complot mortel.
De l’autre côté du fleuve, Malvina, une jeune sorcière albinos, tente d’échapper à ceux qui la traquent sans relâche. Dans un monde où son apparence et sa magie dérangent, elle n’aura d’autre choix que d’apprendre à se battre pour survivre.
Mais sur le chemin de Ludérik comme sur celui de Malvina, les traîtres sont légion, et ils ne reculeront devant rien pour ensevelir la vérité à tout jamais. La vérité sur la mort du roi, mais surtout sur l’origine du mal qui ronge le royaume du fleuve : la Dame brume.

J’ai ressenti une pointe de déception en refermant ce roman. Il y a de bons éléments, mais il m’a vraiment manqué quelque chose pour que cette histoire ait un réel impact sur ma personne.

Commençons par le commencement : la plume ! L’écriture de Sylvain Forge est agréable, adaptée à un public jeunesse (plutôt à partir de 14/15 ans), et prenante. Il a opté pour un récit polyphonique divisé en plusieurs parties, dans lesquelles nous suivons plusieurs personnages. À mon sens, c’est là que réside le premier gros problème. À chaque fois que la tension monte, que le rebondissement nous attend au tournant, on se retrouve avec un cliffhanger qui traîne… longtemps. Le temps de faire le tour des autres personnages, on a presque oublié où l’autre en était, et j’ai vraiment trouvé que ça cassait le rythme de l’histoire, qui est autrement plutôt prenante. Il se passe énormément de choses, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer, mais j’ai trouvé la construction peu adaptée. J’aime beaucoup les romans polyphoniques, toutefois, la multiplication des personnages fait que l’évolution de chacun tarde à se faire sentir, tout comme la rencontre de tous les personnages, qui arrive beaucoup trop tard dans le récit à mon goût. (Par ailleurs, petite note à la maison d’édition : évitez la présentation des personnages avant même que l’histoire ne commence… Spoiler alert, déjà, et on a une sensation de redite par la suite. Pour un tome 2, pourquoi pas, mais là j’en savais déjà trop avant même de commencer la lecture et ça m’a dérangé.)

Passons maintenant à l’univers ! Sylvain Forge a imaginé un univers incroyable et fascinant. J’ai adoré en découvrir les multiples facettes. Cependant, j’ai trouvé que certains éléments étaient un peu survolés, il y a énormément de choses à prendre en compte, et pour nous plonger complètement dedans, il aurait pu être judicieux de diviser le tout en plusieurs tomes afin de développer certains aspects que j’ai personnellement trouvé très intéressants (les sectes, les guildes, les machinations politiques…). Cela aurait pu permettre d’approfondir tant l’univers que les personnages. Disons qu’on finit par s’y perdre un peu entre les clans, les pouvoirs magiques des albinos, la Dame brume, les sectes religieuses, les esclaves, les peuples souterrains, une touche de steampunk par-ci et un chouïa de romance par-là. En moins de 400 pages, ça fait beaucoup. La fin laisse suggérer qu’il y aura une suite, bien que rien n’aille vraiment en ce sens non plus. On a l’impression que l’auteur a dit tout ce qu’il avait à dire sur cette partie de son univers, mais que ses personnages ont encore des choses à vivre et à nous faire découvrir.

Les personnages sont intéressants, plutôt attachants dans l’ensemble. Leurs passés respectifs auraient pu être mieux amenés, plus approfondis, de manière à mieux les cerner. Je regrette vraiment que, dans certaines situations, l’auteur soit tombé dans la facilité. Le personnage de Malvina, pour moi, est une opportunité manquée. Elle est une jeune femme qui en impose, et elle devient très décevante une fois qu’elle rencontre Neil. Enfin, pour ceux qui me suivent, ce n’est un secret pour personne : j’en ai plus que marre des héroïnes badass qui perdent en charisme une fois qu’un garçon entre en scène. Ludérik est finalement celui qu’on suit le plus, mais pas forcément le plus captivant de tous. Je regrette qu’Élanée n’ait pas été plus présente car elle avait assurément le potentiel d’être grandiose. Les personnages les plus intéressants sont peut-être les personnages secondaires, notamment les Lames – là encore, on nous vend malheureusement un nouvel arc narratif qui n’est pas du tout développé.

En résumé, à mon sens, l’auteur s’est montré trop ambitieux, que ce soit pour un one-shot ou un premier tome. Dans le premier cas, on a un début prometteur mais il y a trop de choses survolées et la fin est beaucoup trop rapide pour être satisfaisante, bien que les personnages soient attachants et la plume agréable. Dans le deuxième cas, il aurait fallu trouver le moyen de jongler entre introduction de l’univers, des personnages et action, en approfondissant de nombreux éléments contextuels. Un univers comme celui-ci, on a envie d’en explorer les moindres recoins, et je reste vraiment sur ma faim.

Malheureusement, Le royaume du fleuve ne fera pas partie des romans fantasy qui m’auront marqué cette année, malgré son univers fascinant (mais bien trop complexe à développer en moins de 400 pages) ! Il aurait fallu simplifier ou développer bien plus pour que ce soit une réussite. Ce n’était pas une mauvaise lecture, je n’ai pas passé un mauvais moment, mais je ne le recommande pas particulièrement non plus et j’en suis la première désolée.

La bisette !

Publié par

Ibidouu

Petite chose à la recherche d'un avenir.

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