Premières lignes #21

Coucou les paupiettes !

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes d’un roman qui me fait de l’œil depuis un moment et que je me suis enfin décidée à lire. Il sera au programme de ma semaine à 1.000 (qui commence demain). Il s’agit d’un roman de Yasmina Khadra publié en 2002 : Les hirondelles de Kaboul. Il fait partie de la saga « Le conflit entre l’Orient et l’Occident », dont j’ai déjà lu l’excellent L’attentat l’année dernière.

Découvert sur le blog Ma Lecturothèque, ce rendez-vous m’a tout de suite plu. Le principe est simple comme bonjour : chaque dimanche, je choisis un livre dans ma bibliothèque et je partage avec vous les premières lignes du récit ! Ça vous donnera peut-être envie de découvrir ce livre à votre tour.. Qui sait ?

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Atiq Shaukat abat sa cravache autour de lui pour se frayer un passage dans la foule loqueteuse qui tourbillonne, telle une nuée de feuilles mortes, parmi les étals du marché. Il est en retard, mais impossible d’avancer plus vite. On se croirait dans une ruche ; les coups qu’il assène à plate couture n’interpellent personne. C’est le jour du souk, et les gens sont comme dans un état second. Atiq en a la tête qui tourne. Les mendiants rappliquent des quatre coins de la ville, par vagues de plus en plus importantes, disputant les hypothétiques espaces libres aux charretiers et aux badauds. Les effluves des portefaix et et les exhalaisons des produits avariés remplissent l’air d’une odeur épouvantable tandis qu’une chaleur implacable écrase l’esplanade. Quelques femmes fantomatiques, interdites derrière leur tchadri crasseux, s’accrochent aux passants, la main supplante, ramassant au passage qui une pièce de monnaie, qui une imprécation. Souvent, lorsqu’elles s’obstinent, une lanière excédée les rejette en arrière. Le temps d’un repli de courte durée, elles reviennent à l’assaut en psalmodiant d’insoutenables suppliques. D’autres, encombrées de marmaille aux narines effervescentes de mouches, s’agglutinent désespérément autour des marchants de fruits, guettant, entre deux litanies, une tomate ou un oignon pourris qu’un client vigilant aurait décelé au fond de son panier.
– Ne restez pas là, leur cris un vendeur en agitant furieusement une longue perche par-dessus les têtes, vous attirez la poisse et toutes sortes de bestioles sur mon stand.
Atiq Shaukat consulte sa montre. Ses mâchoires se crispent de colère. Le bourreau doit être arrivé depuis une bonne dizaine de minutes, et lui, il traîne encore dans les rues.

Alors, tentés ?

 

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Premières lignes #20

Coucou les paupiettes !

J’espère que tout va bien pour vous en ce dernier dimanche d’octobre. L’année passe à une vitesse effrayante ! On se retrouve aujourd’hui pour un rendez-vous désormais hebdomadaire : Premières lignes. J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter le début d’un roman qui me fait de l’œil depuis un moment et que j’ai ENFIN réussi à trouver à la médiathèque. Il s’agit de Pax et le petit soldat de Sara Pennypacker, publié chez Gallimard Jeunesse en janvier 2017.

Découvert sur le blog Ma Lecturothèque, ce rendez-vous m’a tout de suite plu. Le principe est simple comme bonjour : chaque dimanche, je choisis un livre dans ma bibliothèque et je partage avec vous les premières lignes du récit ! Ça vous donnera peut-être envie de découvrir ce livre à votre tour.. Qui sait ?

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Le renard sentit avant le garçon que la voiture ralentissait, comme il sentait toujours tout en premier. À travers ses coussinets, sa colonne vertébrale, les poils tactiles de ses pattes. Les vibrations l’informèrent également que la route était devenue plus cahoteuse. Il se dressa sur les genoux de son garçon et flaira les odeurs qui filtraient par la fenêtre, ce qui lui apprit qu’ils voyageaient à présent dans une région boisée. Les senteurs aigües des conifères – bois, écorce, pommes de pin et aiguilles – coupaient l’air comme des lames, mais en dessous, le renard reconnut la douceur du trèfle, et de l’ail sauvage, et des fougères, ainsi que des dizaines d’autres choses qu’il n’avait jamais rencontrées, à l’odeur verte et pressante.
Le garçon sentit quelque chose, lui aussi. Il ramena son animal contre lui et serra plus fort son gant de base-ball.
L’angoisse du garçon surprit le renard. Les rares fois où ils avaient voyagé en voiture auparavant, le garçon s’était montré détendu, ou même excité. Le renard enfonça son museau dans la paume du gant, même s’il détestait l’odeur du cuir. Son garçon riait toujours quand il faisait ça. Il allait refermer le gant autour de la tête de son animal, faire semblent de se battre contre lui, et ainsi, le renard le distrairait.
Mais aujourd’hui, le garçon souleva le renard et enfouit son visage dans la fourrure blanche de son cou, en le serrant fort contre lui.

Alors, intrigués ?

Premières lignes #19

Coucou les paupiettes !

Ça fait un petit moment que je ne vous ai pas proposé de découvrir les premières lignes d’un roman. Ce dimanche, j’ai envie de partager avec vous le début de ma prochaine lecture. Il s’agit d’un roman qui m’a été chaudement recommandé par plusieurs personnes : Tous nos jours parfaits, écrit par Jennifer Niven et publié chez Gallimard en 2015.

Découvert sur le blog Ma Lecturothèque, ce rendez-vous m’a tout de suite plu. Le principe est simple comme bonjour : chaque dimanche, je choisis un livre dans ma bibliothèque et je partage avec vous les premières lignes du récit ! Ça vous donnera peut-être envie de découvrir ce livre à votre tour.. Qui sait ?

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FINCH
6e JOUR D’ÉVEIL

Est-ce un bon jour pour mourir ?
Voilà ce que je me demande le matin quand je me lève. Et pendant ma troisième heure de cours, alors que je m’efforce de garder les yeux ouverts malgré M. Schroeder qui radote. Le soir, au dîner, en passant le plat de petits pois. La nuit, dans mon lit, lorsque je n’arrive pas à éteindre mon cerveau qui tourne à vide.
Est-ce le jour J ?
Et si ce n’est pas aujourd’hui… alors quand ?
Voilà ce que je me demande, perché sur un étroit parapet à vingt mètres au-dessus du sol. Je suis si haut que je suis pratiquement au ciel. Lorsque je baisse les yeux vers le sol, je vois le monde tournoyer. Je ferme les yeux, savourant cette sensation. Peut-être que, cette fois, je vais le faire – me laisser porter par les airs. Comme si je flottais dans une piscine, que je dérivais sans but précis jusqu’au néant.
Je ne me rappelle pas être monté ici. En fait, je ne me rappelle pas grand-chose avant dimanche, en tout cas, rien de ce qui s’est passé cet hiver. C’est chaque fois pareil – le vide, puis le réveil.

Tentés ? Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ? 

Bon dimanche !

Premières lignes #18

Coucou les paupiettes !

Aujourd’hui, j’ai choisi un livre de manière complètement random dans ma PAL de bibliothèque. Ma main innocente a sorti Déracinée, un roman Fantasy écrit par Naomi Novik et publié chez Pygmalion en janvier 2017. Il me fait de l’œil depuis un moment, je l’ai enfin sous la main et je compte bien le lire très rapidement ! En attendant, voici les premières lignes…

Découvert sur le blog Ma Lecturothèque, ce rendez-vous m’a tout de suite plu. Le principe est simple comme bonjour : chaque dimanche, je choisis un livre dans ma bibliothèque et je partage avec vous les premières lignes du récit ! Ça vous donnera peut-être envie de découvrir ce livre à votre tour.. Qui sait ?

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Chapitre 1

Notre dragon ne mange pas les filles qu’il emporte, malgré les histoires que l’on raconte à son sujet en dehors de notre vallée. On les entend parfois, quand des voyageurs passent par chez nous. Ils en parlent comme si nous sacrifiions des êtres humains à un véritable dragon. Naturellement, rien de cela n’est vrai : il a beau être magicien et immortel, il n’est reste pas moins homme, et nos pères se ligueraient pour l’éliminer s’il venait dévorer l’une d’entre nous tous les dix ans. Il nous protège contre le Bois, et nous lui en sommes reconnaissants, mais pas à ce point.
Il ne les mange pas vraiment ; c’est juste que ça donne cette impression. Il emmène une fille dans sa tour et la libère dix ans plus tard, mais elle n’est alors plus la même. Ses vêtements sont trop raffinés, elle s’exprime telle une dame de la cour et elle a vécu seule avec un homme pendant une décennie, alors bien sûr qu’elle est perdue, même si les revenantes affirment toutes qu’il n’a jamais posé la main sur elles. Que pourraient-elles dire d’autre ? Et ce n’est pas le pire : après tout, il les relâche, le Dragon leur laisse pour dot un sac plein d’argent, si bien que n’importe qui serait prêt à les épouser, perdues ou non.
Sauf qu’elles ne veulent plus se marier. Elles ne veulent pas rester du tout.

Alors, tentés ?

Premières lignes #17

Coucou les paupiettes !

Ce dimanche, je vais vous faire découvrir les premières lignes de l’une de mes prochaines lectures. Il s’agit d’un roman qui me fait de l’œil depuis quelques mois : Les rêves sont fait pour ça, écrit par Cynthia Swanson et publié aux éditions Mosaic en 2016 (il a depuis été publié en poche aux éditions HarperCollins).

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Cette chambre n’est pas la mienne.
Où suis-je ? Je lutte pour rassembler mes pensées et tire sous mon menton des couvertures inconnues. Aucune explication sur l’endroit où je me trouve ne me vient à l’esprit.
La dernière chose dont je me souviens remonte à vendredi soir ; je repeignais ma chambre en jaune, un jaune vif et lumineux. Frieda, qui m’avait proposé son aide, méditait sur mon choix :
– Trop solaire pour une chambre à coucher, avait-elle dit sur ce ton de Mme Je-sais-tout qu’elle prend souvent. Comment vas-tu pouvoir t’endormir dans une chambre pareille les jours sombres de l’année ?
J’avais trempé mon pinceau dans le pot, soigneusement essuyé l’excès de peinture et grimpé sur l’escabeau.
– C’est le but justement, lui avais-je rétorqué.
Penchée en avant, j’avais alors entrepris d’enduire de jaune l’encadrement d’une fenêtre haute et étroite.
Ne suis-je pas censée me souvenir de ce qui s’est passé ensuite ? Curieusement, il ne m’en reste rien. Je ne me rappelle pas avoir passé la soirée à peindre, puis avoir pris un peu de recul pour admirer notre ouvrage avant de tout nettoyer. Je n’ai ni le souvenir d’avoir remercié Frieda pour son aide ni de lui avoir dit au revoir. Pas plus que de m’être couchée dans cette pièce couleur soleil, l’odeur de la peinture fraîche dans les narines. J’ai pourtant bien dû le faire, puisque me voilà allongée. Et étant donné que cet endroit n’est pas chez moi, il est évident que je dors encore.

Intrigués ? Moi oui !

 

Premières lignes #16

Coucou les paupiettes !

J’ai choisi de vous présenter aujourd’hui les premières lignes d’un roman que j’ai commencé vendredi et terminé hier (on peut dire que je l’ai dévoré). Je ne vous en dis pas plus car j’en ferai une chronique la semaine prochaine ! Il s’agit de Ginny Moon, écrit par Benjamin Ludwig et publié aux éditions HarperCollins.

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18h54
MARDI 7 SEPTEMBRE

Le bébé électronique en plastique n’arrête pas de pleurer.
Mes Parents-pour-toujours disent que c’est pareil qu’un vrai bébé même si je pense le contraire. Il est jamais content. Même quand je le berce. Même quand je change sa couche et que je lui donne son biberon. Si je dis chut, chut, chut et que je lui donne mon doigt à suçoter, il a l’air bête et c’est tout, et il hurle, hurle, hurle.
Je le serre encore contre moi et je dis, tout doux, tout doux. Ensuite, j’essaie tous les trucs que Gloria faisait quand je piquais mes crises. Je pose ma main derrière sa tête et je me balance sur la pointe des pieds.
Ma voix monte et descend, comme si je chantais une chanson.
Je dis :
– Là, là.
Et :
– Je suis vraiment désolée.
Mais il ne s’arrête toujours pas.
Je le pose sur mon lit et il crie plus fort, alors je commence à chercher ma Poupée. La vraie. Même si je sais qu’elle n’est pas là. Je l’ai laissée dans l’appartement de Gloria, mais comme les bébés qui pleurent me rendent vraiment, vraiment angoissée, il faut que je cherche. C’est une sorte de règle dans mon cerveau. Je cherche dans mes tiroirs, dans mon placard, dans tous les endroits où une Poupée pourrait être.
Même dans la valise.

Alors, tentés ?

Premières lignes #15

Coucou les paupiettes !

J’ai choisi de vous présenter aujourd’hui les premières lignes d’un roman que j’ai l’intention de lire dans le courant de la semaine prochaine. Il s’agit d’un roman historique publié en 2016 chez Gallimard : Le sel de nos larmes, écrit par Ruta Sepetys.

Découvert sur le blog Ma Lecturothèque, ce rendez-vous m’a tout de suite plu. Le principe est simple comme bonjour : chaque dimanche, je choisis un livre dans ma bibliothèque et je partage avec vous les premières lignes du récit ! Ça vous donnera peut-être envie de découvrir ce livre à votre tour.. Qui sait ?

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JOANA

La culpabilité n’a de cesse de vous poursuivre.
Ma conscience, railleuse, me cherchait querelle comme un enfant de mauvaise humeur.
C’est entièrement ta faute, chuchota la voix.
J’accélérai le pas et rattrape notre petit groupe. « Si jamais les Allemands nous trouvent sur cette route de campagne, pensai-je, ils nous chasseront aussitôt. » Les routes étaient réservées aux militaires. Les autorités n’avaient pas encore émis d’ordres d’évacuation, et quiconque était surpris à fuir la Prusse-Orientale se voyait catalogué comme déserteur. Mais peu importait ! C’était déjà mon cas quatre ans plus tôt, quand j’avais fui la Lituanie.
J’avais quitté mon pays en 1941. Que se passait-il là-bas ? Fallait-il croire aux rumeurs effroyables qui se propageaient de rue en rue à voix basse ?

Alors, tentés ?

Vous l’avez déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?