C’est lundi, que lisez-vous ? #4

Coucou les paupiettes !

On se retrouve, comme toutes les semaines, pour faire le point sur mes lectures de la semaine passée et celles à venir. Ce rendez-vous hebdomadaire est aujourd’hui géré par Galleane, chez qui vous pouvez retrouver le récapitulatif de tous les participants et les liens vers leurs articles !

Le principe est simple, il suffit de répondre à trois petites questions chaque lundi :

  • Qu’est ce que j’ai lu la semaine passée ?
  • Qu’est-ce que je lis actuellement ?
  • Que vais-je lire ensuite ?

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Petite leçon d’histoire : Masters of Sex, un pari réussi.

Dans cet article sont présents quelques spoilers concernant la saison 1 et 2 de la série Masters of Sex, just a fair warning !

« Masters of Sex » est basée sur une histoire vraie, celle de William Masters et de Virginia Johnson, pionniers dans le domaine de la sexologie. Aujourd’hui quelque peu oubliés, la série remet sous les feux des projecteurs les deux scientifiques ayant le plus modifié notre façon de concevoir le sexe. La vie de ce couple est véritablement fascinante et le mérite de la série est qu’elle respecte globalement tous les faits historiques. La série est en réalité basée sur une biographie écrite par Thomas Maier (Masters of sex: The Life and times of William Masters and Virginia Johnson, the couple who taught America how to love), basée sur un témoignage de Virginia Johnson. Bien entendu quelques personnages ont été inventés, des arrangements dramatiques ont vu le jour, mais dans les faits on se rapproche vraiment de la réalité.

William Masters avait déjà deux enfants avec sa première épouse quand il a rencontré Virginia. Les naissances ont été décalées afin de mettre l’accent sur les problèmes de fertilité et, plus globalement, sur les problèmes de couple de Masters avec sa première épouse : Elisabeth Ellis, surnommée Libby – comme dans la série donc.

Virginia Johnson avait déjà été mariée deux fois quand elle était jeune, avec un politicien et un avocat, ça n’a pas duré longtemps. Quelques années plus tard elle s’est mariée avec George Johnson, leader d’un groupe avec qui elle a eu deux enfants (Scott et Lisa, devenus Henry et Tessa dans la série, je ne sais pas pourquoi).

Elle était effectivement chanteuse dans des nightclubs durant la Seconde Guerre mondiale, avant de décider de reprendre ses études pour obtenir un diplôme en sociologie (qu’elle n’obtiendra jamais) à la Washington University à St Louis. Elle était connue pour son sex-appeal, son charisme et son côté magnétique (pas forcément flatteur à l’époque). Les femmes se méfiaient d’elle et c’est quelque chose qui ressort beaucoup au début de la saison 2.

Elle a rencontré William Masters lorsqu’il l’a embauché comme secrétaire puis comme assistante dans le département gynécologique de l’université. Elle avait dix ans de moins que lui. Il lui a appris beaucoup sur la médecine, la thérapie et sur la recherche, ce qui lui a permis de monter les échelons assez rapidement. Elle finira d’ailleurs co-chercheuse, son nom apparaitra au même titre que celui de Masters sur l’étude. Ils ont développé ensemble des machines/instruments permettant d’étudier le désir sexuel chez les humains, hommes et femmes.

Ils ont surtout observé plus de 700 personnes ayant accepté d’avoir des rapports sexuels ou de se masturber devant eux, afin d’analyser la réponse sexuelle chez les hommes et les femmes et de la répartir sur quatre étapes : la phase d’excitation, le plateau, l’orgasme et la résolution. Au départ, comme dans la série, les sujets étaient majoritairement des prostituées mais Virginia a finalement réussi à convaincre quelques étudiants et du personnel hospitalier d’y participer, contre rémunération. Elle amène l’étude à un niveau supérieur. 382 femmes et 312 hommes auraient ainsi étaient observés.

Les réactions à cette découverte à la fin de la première saison, qui peuvent sembler un peu disproportionnées, sont en réalité bien réelles. Les collègues de Masters ont été choqués par ce qu’ils assimilaient à de la nouvelle pornographie. Virginia réussira quand même à faire parler de l’étude puisqu’elle a amené leur travail jusqu’aux plateaux de télévision, notamment sur le NBC’s Today Show. L’ouverture à la télévision est abordée à la fin de la saison 2 et reviendra peut-être, probablement, sur le tapis pour la saison 3.

Leur travail a été très critiqué car controversé notamment par « l’utilisation » de prostituées dans l’étude. Leurs recherches sur l’homosexualité a également été très mal perçue. Mais je n’insiste pas trop sur ce point, on en est pas encore arrivé là dans la série.

Le couple Masters/Johnson est assez intéressant. Au début de leurs recherches, Masters a effectivement proposé à Virginia d’avoir des relations sexuelles avec lui afin d’enregistrer leurs propres réponses physiologiques. Ils finissent par entretenir une relation qui finit par s’étioler petit à petit et Virginia commence à fréquenter un autre homme, Hank Walters, qu’elle veut épouser. Hank Walters est vraisemblablement Ethan Haas, qui fait sa demande à la fin de la première saison. Cependant, Virginia ne l’épouse pas car Masters lui annonce qu’il va quitter sa femme. Ce n’est pas ce qui est arrivé dans la série. Virginia a refusé d’épousé Ethan parce que Bill lui a dit qu’il avait besoin d’elle, et ils ont fait des cochoncetés sans enregistrer leurs réactions. Le fait que Bill lui dise qu’il a besoin d’elle a peut-être été mal interprété (dans la série, même par moi) car quand on s’intéresse un peu aux faits, on se rend compte que Virginia elle-même considérait leur couple comme une nécessité. Leur mariage était considéré comme un partenariat professionnel, il ne s’agit pas vraiment d’un mariage d’amour. D’ailleurs, ils divorceront vingt ans plus tard.

Ils ont ouvert leur propre institut de recherche quelques années après.

A la fin de la première saison, Virginia et son fils se retrouvent devant la télévision et regardent ensemble le lancement du projet Manhigh. Major David G. Simons est monté à plus de 30 km d’altitude dans une nacelle en aluminium suspendu à un énorme ballon d’hélium. Il a filmé la Terre vu d’en haut et était un des premiers hommes à réaliser cette ascension jusqu’à la stratosphère, puis le saut en chute libre qui lui vaudra la couverture du magazine Life en septembre 1957.

Sachant que William Masters débute ses recherches en 1957, les dates sont à peu de choses près cohérentes.

Au début de la saison 2, tout un épisode est réalisé autour du combat de boxe qui a eu lieu entre Yvon Durelle (29 ans) et Archie Moore (42 ans) le 10 décembre 1958, au forum de Montréal. Ce combat est considéré comme un des plus mémorables de l’histoire de la boxe. Archie Moore était globalement en train de se faire déchirer la tronche et il a réussi à remonter et à gagner le combat.

« You can always get up, come back, and be a winner. »

« The rules are different for men and women »

Virginia Johnson est aujourd’hui considérée comme celle qui a permis l’égalité sexuelle aux femmes. Elle serait une des femmes les plus remarquables du 20e siècle. Mais tout cela ne vient pas sans quelques sacrifices. Quelques années plus tard elle confie à Thomas Maier qu’elle regrette de s’être autant investi dans l’étude car elle n’a pas vu grandir ses enfants. Elle regrette également de ne jamais avoir validé son diplôme de sociologie.

Elle apparait tout de même comme une figure importante du féminisme, notamment dans le domaine médical, alors qu’elle n’a jamais revendiqué ce statut. Mais même s’ils n’ont jamais eu comme objectif de participer à l’émancipation de la femme, leurs découvertes l’ont fait devenir un sexe fort, capable d’une vie sexuelle libérée et active. Cela a permis une nouvelle façon d’appréhender le corps, notamment le corps de la femme, à une époque où le mouvement féministe prend de plus en plus d’importance aux États-Unis.

Dans la série, on a un fort ressenti féministe face aux différents personnages féminins, tous très profonds, qui font face à des situations qui sont toujours d’actualité. Le combat d’une mère célibataire qui veut concilier enfants et travail, sa volonté de se faire une place dans un univers dominé par les hommes, toutes les exigences et la pression exercée sur la femme et son image (qui ramène en fait à l’image de son foyer) sont abordées, de façon subtile.

Ma critique :

Ambiance rétro, excellent casting, thème passionnant, cette série a tout pour faire envie. Je ne nie en aucun cas que la série est d’une qualité rare. Cependant, elle a tendance à m’ennuyer, surtout la saison 2. Certains épisodes sont forts en émotions et d’autres vont juste être.. Longs et plats (comme ma b… pardon, mauvaise blague de circonstance), s’éloignant trop du sujet principal pour se tourner vers des amourettes de  personnages secondaires. Dommage, la saison 1 m’avait vraiment plu. J’avais enchainé les épisodes les uns à la suite des autres. J’attends maintenant de voir ce que va donner la saison 3 !

Et vous, vous en avez pensé quoi ?

Femme(s) #1

Coucou petites licornes !

ça fait un moment que j’ai envie de réaliser une série d’articles sur des femmes que je trouve inspirantes. Aujourd’hui je vais vous parler de trois artistes au message assez fort : Adrian Piper, Carolee Schneemann et Shirin Neshat.

# Adrian Piper.

Adrian Piper est une artiste conceptuelle et philosophe américaine née en 1948. Elle fait partie des artistes qui ont beaucoup questionné la notion d’identité, d’appartenance à un groupe par le biais de la photographie, de la performance. Elle a également été prof de philosophie à Harvard. Contexte plutôt intéressant pour une femme afro-américaine qui en parallèle travaille sur le racisme et l’appartenance sociale. Une de ses oeuvres, intitulée « Calling Card » était une carte de visite qu’elle distribuait durant les soirées un peu mondaines, où les gens faisaient des remarques parfois raciste.

« Dear friend, I am black. I am sure you didn’t realize this when you made/laughed at/agreed with that racist remark. (…) I regret any discomfort my presence is causing you, just as I am sure you regret the discomfort your racism is causing me. »

C’est surtout son travail en tant qu’artiste qui me passionne. Elle a énormément écrit sur chacune de ses oeuvres, mêlant d’ailleurs souvent texte et photographie, détournant et s’appropriant les images de presse par exemple. C’est une artiste qui raconte sa propre histoire, qui n’a pas peur de dire « je ». Elle a notamment réalisé une série d’autoportraits recouverts par un texte tapé à la machine à écrire, racontant une de ses expériences en tant que femme noire aux États-Unis.

Adrian Piper confronte son genre, son identité raciale et son identité sociale. Son travail passe par la prise de conscience de qui on est au sein d’une société.

Je vous invite vraiment à regarder plus de ses oeuvres sur son site web : http://www.adrianpiper.com , c’est une artiste mais surtout une femme qui mérite vraiment d’être connue.

# Carolee Schneemann.

J’ai découvert Carolee Schneemann en préparant un dossier sur la performance féministe et j’ai été plus qu’impressionnée par une de ses oeuvres : Interior Scroll (1975).

Née en 1939, Carolee Schneemann est une artiste qui a beaucoup travaillé sur le corps, la notion de sexualité et celle du genre par le biais de la photographie, de la performance mais aussi par le biais de films expérimentaux.

La performance « Interior Scroll » est liée directement à son travail en tant que réalisatrice de films. Devant une assemblée majoritairement féminine, nue sur une table, elle a sorti un long morceau de papier de son sexe (j’allais dire de sa zézétte mais bon, un peu de sérieux quand même) tout en lisant ce qu’il y avait écrit dessus. Il s’agissait d’une conversation qu’elle avait eu avec un réalisateur structuraliste, qui lui disait qu’elle ne serait jamais considérée comme une réalisatrice par ses pairs, pour la simple et bonne raison qu’elle est une femme.

J’ai trouvé cette performance, ce message vraiment très fort. Elle donne une nouvelle vision de la femme, celle qui ne vit pas que par le biais de son corps. En choquant le public, elle détruit des barrières, elle détruit des tabous. C’est grâce à des artistes comme elle que nous sommes les femmes d’aujourd’hui.

‘ »You’re taking this too seriously. You’re only a girl. Don’t set your heart on art. »

# Shirin Neshat.

En ce qui concerne Shirin Neshat, je l’ai découverte très récemment en regardant une vidéo d’un discours donné par Sheikha Al Mayassa, une princesse du Qatar fortement mobilisée pour la culture. Dans son discours elle a mentionné cette artiste iranienne, qui a elle-même donné un discours aux TED il y a trois ans.

Shirin Neshat est une artiste femme iranienne, en exil à New York. Elle est réalisatrice de films et photographe. Elle travaille aussi sur l’identité, la religion, le genre mais aussi le politique. Elle s’intéresse à la condition contemporaine des femmes dans les pays du Moyen-Orient mais s’inquiète aussi de l’avenir des pays occidentaux. Elle lutte contre les préjugés et les représentations stéréotypées de l’Islam. Son travail est assez critique.

Elle se tourne surtout vers la condition de la femme en Iran, sa place au sein de la société et mêle politique et féminisme.

Pour moi, elle représente l’avenir de la femme en tant qu’artiste dans les pays islamiques, celle qui se bat pour une éducation, pour faire ses propres choix et mener sa vie comme elle le souhaite, dans un pays où les droits de l’homme sont respectés.

Et vous, quels sont les artistes qui vous ont marquées ?