Les 10… Expositions contemporaines de l’Été.

Adepte des vacances placées sous le signe de la culture ? Je te propose aujourd’hui ma petite sélection d’expositions qui valent le détour cet été.  Continuer la lecture de Les 10… Expositions contemporaines de l’Été.

Femme(s) #1

Coucou petites licornes !

ça fait un moment que j’ai envie de réaliser une série d’articles sur des femmes que je trouve inspirantes. Aujourd’hui je vais vous parler de trois artistes au message assez fort : Adrian Piper, Carolee Schneemann et Shirin Neshat.

# Adrian Piper.

Adrian Piper est une artiste conceptuelle et philosophe américaine née en 1948. Elle fait partie des artistes qui ont beaucoup questionné la notion d’identité, d’appartenance à un groupe par le biais de la photographie, de la performance. Elle a également été prof de philosophie à Harvard. Contexte plutôt intéressant pour une femme afro-américaine qui en parallèle travaille sur le racisme et l’appartenance sociale. Une de ses oeuvres, intitulée « Calling Card » était une carte de visite qu’elle distribuait durant les soirées un peu mondaines, où les gens faisaient des remarques parfois raciste.

« Dear friend, I am black. I am sure you didn’t realize this when you made/laughed at/agreed with that racist remark. (…) I regret any discomfort my presence is causing you, just as I am sure you regret the discomfort your racism is causing me. »

C’est surtout son travail en tant qu’artiste qui me passionne. Elle a énormément écrit sur chacune de ses oeuvres, mêlant d’ailleurs souvent texte et photographie, détournant et s’appropriant les images de presse par exemple. C’est une artiste qui raconte sa propre histoire, qui n’a pas peur de dire « je ». Elle a notamment réalisé une série d’autoportraits recouverts par un texte tapé à la machine à écrire, racontant une de ses expériences en tant que femme noire aux États-Unis.

Adrian Piper confronte son genre, son identité raciale et son identité sociale. Son travail passe par la prise de conscience de qui on est au sein d’une société.

Je vous invite vraiment à regarder plus de ses oeuvres sur son site web : http://www.adrianpiper.com , c’est une artiste mais surtout une femme qui mérite vraiment d’être connue.

# Carolee Schneemann.

J’ai découvert Carolee Schneemann en préparant un dossier sur la performance féministe et j’ai été plus qu’impressionnée par une de ses oeuvres : Interior Scroll (1975).

Née en 1939, Carolee Schneemann est une artiste qui a beaucoup travaillé sur le corps, la notion de sexualité et celle du genre par le biais de la photographie, de la performance mais aussi par le biais de films expérimentaux.

La performance « Interior Scroll » est liée directement à son travail en tant que réalisatrice de films. Devant une assemblée majoritairement féminine, nue sur une table, elle a sorti un long morceau de papier de son sexe (j’allais dire de sa zézétte mais bon, un peu de sérieux quand même) tout en lisant ce qu’il y avait écrit dessus. Il s’agissait d’une conversation qu’elle avait eu avec un réalisateur structuraliste, qui lui disait qu’elle ne serait jamais considérée comme une réalisatrice par ses pairs, pour la simple et bonne raison qu’elle est une femme.

J’ai trouvé cette performance, ce message vraiment très fort. Elle donne une nouvelle vision de la femme, celle qui ne vit pas que par le biais de son corps. En choquant le public, elle détruit des barrières, elle détruit des tabous. C’est grâce à des artistes comme elle que nous sommes les femmes d’aujourd’hui.

‘ »You’re taking this too seriously. You’re only a girl. Don’t set your heart on art. »

# Shirin Neshat.

En ce qui concerne Shirin Neshat, je l’ai découverte très récemment en regardant une vidéo d’un discours donné par Sheikha Al Mayassa, une princesse du Qatar fortement mobilisée pour la culture. Dans son discours elle a mentionné cette artiste iranienne, qui a elle-même donné un discours aux TED il y a trois ans.

Shirin Neshat est une artiste femme iranienne, en exil à New York. Elle est réalisatrice de films et photographe. Elle travaille aussi sur l’identité, la religion, le genre mais aussi le politique. Elle s’intéresse à la condition contemporaine des femmes dans les pays du Moyen-Orient mais s’inquiète aussi de l’avenir des pays occidentaux. Elle lutte contre les préjugés et les représentations stéréotypées de l’Islam. Son travail est assez critique.

Elle se tourne surtout vers la condition de la femme en Iran, sa place au sein de la société et mêle politique et féminisme.

Pour moi, elle représente l’avenir de la femme en tant qu’artiste dans les pays islamiques, celle qui se bat pour une éducation, pour faire ses propres choix et mener sa vie comme elle le souhaite, dans un pays où les droits de l’homme sont respectés.

Et vous, quels sont les artistes qui vous ont marquées ?

Jean-Paul Gaultier au Grand Palais : l’expo à ne pas louper.

Je me suis rendue il y a une semaine à l’exposition « Jean-Paul Gaultier » au Grand Palais. Malgré la bonne heure et demie passée à attendre en piétinant (oui je n’ai toujours pas appris la leçon, je n’avais pas réservé sur internet), je n’ai absolument rien regretté. C’était probablement une des meilleures expositions de ma vie. Explications.

L’exposition présente des pièces créées entre 1970 et 2013, des archives, des photos, des croquis, des lettres (il y a même des lettres de renvois datant de ses débuts), des vidéos, etc. Le parcours est vraiment complet et savamment agencé (clairement, c’est du génie), allant de son enfance à ses créations plus actuelles, en passant par ses muses, ses différentes périodes et ses différents choix iconographiques.

Jean-Paul Gaultier n’était pas chaud au début, il fait partie de ceux qui pensent que le musée est un endroit où la mort se passe. Mais il a finalement accepté de relever le défi lancé par le musée des Beaux-Arts de Montréal, et ce avec brio : l’exposition est on ne peut plus vivante ! Avec la collaboration d’artistes performers et d’une équipe technique au top, on a vraiment l’impression de déambuler dans la tête du créateur de façon ludique et agréable, colorée et spectaculaire.

Jean-Paul Gaultier, the origins.

On débute l’exposition sur un côté très « autobiographie/retour aux sources » avec des photos de lui enfant, ses débuts dans le monde du prêt-à-porter, les candidatures, les refus (il a été refusé chez Dior quand il était tout jeune !), les admissions ou les renvois. On a des photos de sa grand-mère, qui a un rôle très important dans la vie du créateur ainsi que son fameux ours en peluche « Nana », son premier modèle et le premier à avoir eu la chance de porter les seins coniques (qu’on ne présente plus aujourd’hui, n’est-ce pas ?). Ce petit nounours en a vu de toutes les couleurs, dans tous les sens du terme, puisqu’il a été décoloré, maquillé, découpé par un petit Jean-Paul Gaultier de 7 ans, qui le décrit aujourd’hui comme sa « première muse ». On y voit aussi ses influences comme le film Falbalas, les comédies musicales de Broadway comme Nine, etc. Je ne vais pas non plus vous spoiler toute l’exposition, vous verrez ensuite des tenues magnifiques que le créateur compte brûler à la fin de l’exposition (oui oui, raison de plus pour ne pas la louper), toutes ses thématiques comme la marinière, le soutien-gorge conique, le punk, le tatouage, la lingerie, la danse, les icônes religieuses… et des photos de starlettes qui ont posé dans des tenues signées Jean-Paul Gaultier comme Kate Moss, Nicole Kidman, Conchita Wurst ou encore, beaucoup plus surprenant, Nirvana.

Une scénographie qui vaut le détour.

La scénographie, la mise en vue est tout simplement spectaculaire. Les salles sont sombres et très lumineuses à la fois. Les mannequins présentant les oeuvres, parce que oui, pour moi ce sont des oeuvres, sont animés. Oui oui, animés. Ils sont en plastique mais on a comme l’impression qu’un visage a été enfermé à l’intérieur. Et ce visage bouge. Parle. Chante parfois. De. la. folie. Jean-Paul Gaultier lui-même s’est prêté à l’exercice, et son visage expliquant la genèse des marinières a été enfermé dans un des mannequins. Le tout a été fait avec humour, des mannequins font des clins d’oeil, lancent des petits mots qui surprennent, le tout dans un esprit un peu Têtes à claques au niveau des mouvements du visage (qui se limitent aux yeux et à la bouche en fait).

Une des salles les plus impressionnantes : celle du défilé. Un système permet de faire tourner les mannequins en plastique, habillés sur le thème de Paris, comme si on se trouvait à un véritable défilé. Tout autour des chaises ont été installées, occupées elle-aussi par des mannequins tenant des invitations au défilé, et identifiées par des petits cartons. On y retrouve tout le fan club de Gaultier : Arielle Dombasle, Dita Von Teese, Catherine Deneuve, Beth Ditto, Rossy De Palma, Amanda Lear, Victoria Abril… Le défilé est commenté par Catherine Deneuve (par sa voix quoi).

Gaultier en a fait une exposition participative, d’autres artistes/performers ont participé, notamment sur l’installation qui se trouve dans le grand escalier. Les visiteurs montent en fait un tapis rouge, et ont l’impression de se faire photographier par des paparazzis grâce à de petits flash répétitifs venant de tous les côtés. Ce sont des petits détails mais ces petits détails font que l’exposition devient une expérience de l’environnement du couturier, toutes ces excentricités lui correspondent tout à fait, il est connu et reconnu pour la scénographie de ses propres défilés, plus fous les uns que les autres.

« Je ne suis pas un artiste, je suis un artisan de luxe »

Jean-Paul Gaultier est un créateur tourné vers l’avenir. La mode aujourd’hui est pour lui conservatrice, « chiante », et ce depuis une dizaine d’années. Le système de la mode l’ennuie. Il choisit encore lui-même ses mannequins, privilégiant la diversité, le métissage, l’ethnique, les rondeurs, la personnalité. Il est un des premiers à faire défiler des femmes plus âgées et des hommes en tenues féminines (la jupe !).

« C’est un génie », « C’est un enfant terrible ».

Le jour de ses 18 ans, encore au lycée, il est demandé à la maison Pierre Cardin. Celui-ci lui donnera sa chance, sans que Gaultier ait fait d’école. Belle revanche pour celui qui était rejeté toute son enfance par ses camarades. Son premier défilé en 1976 est un échec, mais ça ne l’empêche pas de persévérer. Il réinvente les codes, il réinvente les corps. Il prône le droit à la différence et l’originalité. Il défend également la démocratisation de la mode.

Sexy.

Adepte du recyclage, il part toujours d’une base qu’il explore, qu’il modifie, qu’il réinvente. Au début de sa carrière il est assez influencé par l’ouverture du Centre Pompidou qui « montrait des choses qu’il ne fallait pas » comme les tuyaux à l’extérieur. Gaultier va s’en inspirer pour des bijoux notamment, à partir d’ustensiles de cuisine comme des boules à thé ou des éponges gratounettes (if you know what I mean) ou des sacs à main (le sac cendrier) et même le sac poubelle !

Les vêtements militaires camouflages seront également transformés, tout comme la marinière, déclinée sous 1001 façons. Les idées semblent lui venir à tout moment et il compte bien les exploiter pendant encore longtemps.

Ses sources d’inspiration sont plurielles mais sa marque de fabrique est unique. Et elle est tamponnée partout dans cette magnifique exposition.

« Ce n’est pas une rétrospective mais un hommage joyeux »

Il s’agit d’une exposition itinérante, Paris en est la dixième étape.

N’attendez pas, réservez, allez-y (courrez-y !), elle est au Grand Palais

jusqu’au 3 août 2015.

Bonus – Jusqu’au 15 mai 2015, en Replay – « Jean-Paul Gaultier travaille » – Arte.

Jeff Koons au Centre Pompidou : le coup de gueule.

Certains seront d’accord avec moi, d’autres me jetteront des pierres. Je suis ouverte au débat, ce ne sera pas la première fois concernant le sujet. J’assume totalement : Jeff Koons me débecte.

Je me suis rendue au Centre Pompidou il y a quelques temps pour voir l’exposition dédiée à Frank Gehry. Une fois le billet d’entrée payé, il vaut son pesant de cacahuètes faut pas déconner, j’ai décidé de faire le tour des expositions temporaires. Rien à redire sur Duchamp, rien à redire sur Gehry. Mais Koons ? Good lord, y a du boulot.

Je n’ai pas forcément un point de vue très objectif puisque je suis étudiante en histoire de l’art. J’ai étudié des artistes toutes périodes confondues qui ont apporté quelque chose à l’art tel qu’on le connait aujourd’hui. Certains diront qu’il a tout compris. Certes, mais tout compris à quoi ? Continuer la lecture de Jeff Koons au Centre Pompidou : le coup de gueule.