Ce que tu as fait de moi – Karine Giébel.

Coucou les paupiettes !

J’ai envie de vous parler d’un roman que j’ai dévoré au début de la semaine. D’un roman que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher avant de l’avoir terminé. Il s’agit du « petit » dernier de Karine Giébel, dont j’avais beaucoup aimé Toutes blessent, la dernière tue l’an dernier. Ce que tu as fait de moi a été publié aux éditions Belfond le 21 novembre 2019. Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier la maison d’édition pour l’envoi de ce livre.

« On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul… »

Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?

« Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié. »

Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?

« Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin. »

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Les premiers mots qui me sont venus en refermant le roman sont « dingue » et le très élégant « oufissime ». J’ai posé le livre, l’œil un peu hagard, et je me suis aussi dit « mais, mais, mais hein ? », mais nous ne attarderons pas là-dessus.. Encore un pavé de Karine Giébel qui n’aura pas traîné plus de 24h sur la table de nuit ! La plume de cette femme est tout bonnement incroyable.

Ce que tu as fait de moi est une confession. Deux confessions, techniquement, celles du Commandant divisionnaire Richard Ménainville, chef de la Brigade des Stups de la ville de L., et de son Lieutenant, Laëtitia Graminsky. Il s’est passé quelque chose de très grave ce soir au poste. À cause de lui ? D’elle ? À cause d’eux. Nous ne saurons ce qui s’est passé qu’à la toute fin, et les deux policiers nous livrent leur version des faits. Ce qui a conduit à cette terrible nuit.

On pourrait reprocher à l’autrice la lenteur de ce roman, d’éventuelles longueurs, une impression que rien ne se passe (je vous dis ça parce que je l’ai vu). Personnellement, je ne partage pas ce ressenti. La lenteur de l’histoire n’enlève rien à son caractère prenant, je la trouve même nécessaire. Les deux personnages principaux prennent le temps de poser les bases de leur récit, ils remontent un bout de temps en arrière, et nous expliquent tout en détails. Lentement mais sûrement, nous voyons un basculement s’effectuer, une lente descente aux enfers s’amorcer. Et soudain, tout s’accélère. Ils se mettent à nu, nous plongent dans leur intimité, se dévoilent sans tabou. Amour, passion, haine, il n’y a qu’un pas. Et Karine Giébel nous le démontre avec brio dans ce nouveau roman.

Les confessions de Richard et Laëtitia s’alternent, se complètent, sont, à peu de choses près, identiques. Les personnages sont fascinants, complexes et surprenants. C’est comme si, finalement, l’histoire était racontée par une seule et même personne. Leur histoire est glaçante, oppressante, malsaine. D’un réalisme effrayant. Leur histoire est aussi violente, malaisante. Leurs sentiments respectifs sont forts, troublants. Je l’avais déjà remarqué dans son roman précédent, l’autrice ne fait pas dans la pudeur. Elle expose tout, fouille les recoins les plus sombres. Elle ne cherche pas à nous choquer, je ne trouve pas qu’on tombe dans l’exagération. Tout est dans le détail et c’est ce qui rend cette histoire particulièrement addictive.

En résumé, Karine Giébel frappe fort, une nouvelle fois. C’est un roman qui ne plaira probablement pas à tout le monde, mais personnellement c’est un coup de cœur. Incroyablement bien écrite, complexe et très simple à la fois, l’ennui n’est certainement au rendez-vous avec cette histoire à la fois prenante et oppressante.

Alors, tentés ?

19/20

La bisette !

Publié par

Ibidouu

Petite chose à la recherche d'un avenir.

3 réflexions au sujet de “Ce que tu as fait de moi – Karine Giébel.”

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