AIR – Bertil Scali & Raphaël de Andréis.

Coucou les paupiettes !

J’espère que vous passez un bon dimanche. Je vous retrouve pour une chronique un peu plus tardive que d’habitude, afin de vous donner mon avis sur un roman publié aux éditions Michel Lafon le 29 août 2019. AIR a été écrit par Bertil Scali, écrivain et reporter, et Raphaël de Andréis, qui dirige un grand groupe de communication. Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier la maison d’édition pour l’envoi de ce livre.

Je m’appelle Samuel Bourget. Je suis né en 1969, l’année où Neil Armstrong posant le pied sur la Lune a déclaré :  » C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité.  » Cette phrase a comme scellé le caractère de ma génération : l’optimisme à tout prix. Mes parents étaient pleins d’espoir pour mon avenir. Celui-ci s’annonçait pavé de plaisirs et de joies. Sauf qu’il n’en a rien été. Le monde qu’ils m’ont laissé a été anéanti et il ne reste presque rien de mon enfance. J’ai moi-même contribué à l’hécatombe. Des hommes ont été jugés et condamnés selon leur responsabilité dans le génocide écologique –  » l’écocide « , ont dit les juges – qui se profilait, et qui, heureusement, a pu être évité. D’autres ont gravi les échelons du nouvel ordre en raison de leur engagement au service de l’écologie. À mon sens, ce n’était rien d’autre qu’une dictature. Bien plus tard, les révélations sur les excès de la cellule AIR ont mis fin à ce régime. Lors de leur procès, les dirigeants verts ont affirmé avoir sauvé l’humanité. C’est possible. Mais à quel prix ?

À l’époque, mieux valait ne pas être dans leur collimateur. Comme moi lorsqu’ils m’ont inscrit sur leur liste noire : la liste carbone.

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L’écologie et l’avenir de la planète sont des sujets que l’on ne peut plus ignorer, alors que tout autour de nous part à vau-l’eau. AIR est une dystopie qui s’inscrit tout à fait dans les problématiques actuelles et les auteurs ont choisi une approche tout aussi originale que glaçante. Dans un futur (très) proche (le dernier président cité est Macron), les Français ont choisi d’accorder leur confiance au Parti des Verts et à une jeune Présidente, épaulée par un Général populaire. En réponse à la catastrophe écologique, ils mettent en place l’état d’urgence et prennent des décisions drastiques. Les frontières se ferment, des arrestations sont faites, les gens s’affolent, s’enfuient et une traque commence… celle des pollueurs les plus importants. Il faut que quelqu’un paye.

Le roman est intéressant, mais pour moi il ne remplit pas ses promesses. Je ressors mitigée, déçue. Nous suivons la mise en place de cette dictature du point de vue d’un fuyard qui a choisi de se réfugier en compagnie de sa famille (et, à priori, de beaucoup d’autres personnes) dans l’Aubrac. Sauf que, personnellement, j’ai eu l’impression de lire l’installation d’une famille de Parisiens purs et durs à la campagne. Sam, le père, celui qui nous expose les faits, explique les choses d’une manière lointaine et détachée. Mis à part quelques passages, on ne le sent pas traqué. On dirait qu’il est en séjour à la campagne, un séjour un peu particulier certes, mais un séjour quand même.

J’ai trouvé ça dommage, car le pitch de départ a vraiment beaucoup de potentiel. Ça aurait pu être une dystopie vraiment prenante sans rien perdre au niveau du message. Ce fameux « et si? » qui nous reste en tête tout au long de notre lecture. Serions-nous inscrits sur cette liste carbone ? Comment réagirions-nous si une telle dictature se mettait en place ? A part fuir à la campagne pour élever des moutons et faire pousser des poireaux, quelles sont les autres solutions ? Les auteurs auraient pu décider de suivre plusieurs personnages, cette famille qui fuit mais peut-être aussi ceux qui restent à Paris ? Le gouvernement et tous ceux qui prennent les décisions qui modifient complètement le mode de vie des Français ? Un membre de cette cellule AIR qui, au final, n’est vraiment présente que dans le titre ?

Beaucoup de points intéressants sont soulevés, la création de bonus/malus et leur application en calculant l’empreinte de chaque citoyen en se basant sur leurs achats sur plusieurs années, la cohabitation « forcée », l’interdiction des divorces, la limitation des naissances, les 15 minutes d’internet par jour, les potagers en ville… Mais de loin, sans rentrer dans les détails. On n’a pas vraiment l’impression de vivre cette Révolution Verte. Je trouve qu’on reste trop focalisés sur cette famille, ce père qui semble presque plus touché par la tromperie de sa femme que par le fait qu’il est traqué pour avoir menti à l’État… Sur ces personnes qui, au final, semblent s’en sortir plutôt bien comparées à celles qui sont dans des camps (pourquoi ne pas en avoir plus parlé ?). Bref, trop d’opportunités manquées.

En résumé, AIR est un roman qui avait beaucoup de potentiel, les bonnes idées ne manquent clairement pas, mais les auteurs sont passés à côté. Le message, à mes yeux, s’en trouve un peu noyé. La plume n’est pas désagréable mais il manque la tension, l’un des ingrédients-clés d’une bonne dystopie. Un roman qui pousse à la réflexion, mais qui aurait pu être beaucoup plus percutant.

Alors, tentés ?

La bisette !

 

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Publié par

Ibidouu

Petite chose à la recherche d'un avenir.

Une réflexion sur “AIR – Bertil Scali & Raphaël de Andréis.”

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