Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés – Jami Attenberg.

Coucou les paupiettes ! 

Ça fait un petit moment que je n’ai pas publié de chronique livresque. Je vais rattraper tout ça avec un Point Culture dans les prochains jours, mais en attendant je voulais déjà vous parler d’un roman que j’ai terminé cette semaine : Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés, écrit par Jami Attenberg et publié aux éditions 10/18 en août 2017. Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier la maison d’édition pour l’envoi de ce livre !

Personnage haut en couleur, Mazie Phillips est ouvreuse au Venice, célèbre cinéma new-yorkais. Le jazz vit son âge d’or, les idylles et la consommation d’alcool – malgré la Prohibition – vont bon train, et Mazie ne se fait jamais prier pour faire la fête. Mais derrière sa bonhomie se cache une enfance difficile, et son journal intime détient ses secrets les plus insoupçonnables. Avec l’arrivée de la Grande Dépression, la vie de Mazie va basculer. Les sans-abri affluent dans le quartier, et personne ne semble pouvoir échapper à la crise. Si elle ne les aide pas, qui le fera ? Mazie décide alors d’ouvrir les portes du Venice à ceux dans le besoin et redéfinit ainsi l’identité du quartier comme de la ville entière. Plus de quatre-vingt-dix ans passent avant que son journal intime ne soit retrouvé par un documentariste en mal de sujet. À travers sa « voix », celles de ses contemporains et du documentariste se dessine la personnalité hors du commun de celle qui deviendra sainte Mazie.

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Mazie est un livre qui se savoure. J’ai d’ailleurs mis un certain temps à le lire car j’éprouvais le besoin de faire trainer les choses, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi.

Le roman est basé sur une personne qui a réellement existé au début du XXème siècle. A partir d’un simple article, l’auteure a imaginé l’histoire de cette femme hors du commun. Le roman est découpé d’une manière plutôt intéressante puisqu’il alterne des extraits du journal intime de Mazie et des témoignages de personnes qu’elle a connu, qui l’ont côtoyé ou qui en ont tout simplement entendu parler par le biais de leurs parents ou grand-parents. Ces différents extraits permettent de reconstituer le quotidien de Mazie mais aussi de mieux la cerner, de comprendre d’où elle vient et comment elle est devenue une légende dans ce quartier New-Yorkais. Malgré quelques petites longueurs, j’ai très vite été happée par la vie de cette femme. L’écriture de l’auteure est agréable, fluide, parfois tendre, parfois plus dure mais toujours émouvante. On a l’impression de lire un documentaire, une véritable biographie de Mazie Phillips.

La plupart des personnages que l’on croise sont fascinants. Mazie, déjà, est une femme qui n’a clairement pas eu une vie facile mais qui a toujours fait passer les autres avant elle. Les extraits de son journal mettent en avant sa relation, souvent compliquée, avec ses sœurs mais aussi son incapacité à s’attacher et à trouver l’amour. Les témoignages nous montrent une femme dévouée, généreuse, têtue. J’ai préféré certains personnages à d’autres, comme toujours. J’ai trouvé Louis, le mari de Rosie (et finalement père adoptif de Mazie puisqu’il l’a élevée), particulièrement touchant bien qu’il soit souvent en retrait. J’ai également beaucoup aimé l’amitié qu’entretient Mazie avec Sœur Ti, qui l’influencera énormément. J’ai moins aimé le personnage de Jeanie, la plus jeune sœur, que j’ai trouvé égoïste et pas particulièrement intéressant.

Au-delà de l’histoire de Mazie, ce roman nous raconte aussi New York, à une époque particulièrement chargée historiquement parlant. Entre la Prohibition, la Première Guerre mondiale et le Crash financier de 1929, rien n’est laissé au hasard et Jami Attenberg dresse en toile de fond le portrait d’une société brisée, affectée par la guerre, la pauvreté, la maladie, la violence, etc. Au milieu de tout ça, Mazie apparait comme une petite lumière, un fragment d’espoir auquel se raccrocher. Tout au long du roman, on a l’impression d’être à ses côtés, de partager ses peines et ses petits moments de bonheur. On passe du rire aux larmes d’un extrait à un autre !

En résumé, Mazie est un roman original de par sa construction, particulièrement prenant et l’histoire ne vous laissera pas de marbre (sinon, vous n’êtes pas humain, tout simplement). Je ne peux que vous le recommander chaudement, en espérant que vous serez autant transporté que moi par la vie de cette femme extraordinaire !

17/20

Alors, tentés ?

La bisette !

 

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Publié par

Ibidouu

Petite chose à la recherche d'un avenir.

11 réflexions au sujet de “Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés – Jami Attenberg.”

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